« Alors, toujours personne dans ta vie ? » La question me fait sourire. Depuis mon divorce, ma vie intime est loin d’être restée sur pause ; elle m’a même réservé une belle redécouverte de ma sexualité. Sur TikTok, le « solo-maxxing » remet aujourd’hui le célibat choisi à l’honneur. Très bien, mais je n’avais pas attendu un hashtag pour comprendre que l’absence de partenaire officiel ne condamnait ni mes envies ni mon plaisir. On peut aimer séduire, savourer ses moments seule et garder une place pour une rencontre, sans passer ses soirées à attendre qu’un prénom s’affiche sur son téléphone.
Le célibat choisi, bien plus qu’une tendance TikTok

Dans un article publié le 14 septembre 2026, Vogue France revient sur le « solo-maxxing », cette tendance qui valorise le fait d’investir dans sa vie en solo plutôt que de tout organiser autour de la recherche d’un couple. Le nom est nouveau pour beaucoup ; la possibilité de se plaire dans sa propre vie ne l’est pas.
Ce qui m’intéresse, c’est la place que cette conversation laisse au désir féminin. Une célibataire ne doit pas forcément choisir entre chercher l’amour et fermer boutique. Elle peut avoir envie d’une relation durable, d’une aventure, d’un flirt, ou simplement de tranquillité. Son statut ne fournit pas le programme de ses soirées.
Je garde tout de même une réserve : transformer le célibat en performance impeccable serait une drôle de libération. Vous n’avez pas à prouver que vous êtes une femme indépendante, heureuse et irrésistible chaque mardi. On peut apprécier sa liberté et trouver le canapé un peu grand certains soirs. Les deux sentiments peuvent cohabiter.
Après mon divorce, j’ai redécouvert une sexualité qui m’appartient
Après plus de dix ans de vie de couple, mon divorce a ouvert une autre étape de ma vie. Depuis, je me suis recentrée sur moi et j’ai redécouvert ma sexualité. Je peux le dire sans baisser la voix : je m’épanouis sexuellement dans cette vie de célibataire. Le plaisir n’a pas attendu que je retrouve une case « en couple » à cocher.
Les rencontres, les sextoys et les différentes facettes du désir nourrissent ma curiosité et mes écrits. J’ai aussi exploré les shows webcam, comme je le raconte dans ma présentation. Ce sont des expériences qui font partie de mon parcours, pas une liste à reproduire pour réussir le vôtre. Vous connaissez mon goût pour les découvertes coquines ; je ne vais pas vous distribuer un programme obligatoire avec tampon à chaque étape.
Mon exemple ne signifie pas qu’un divorce rend automatiquement la sexualité plus heureuse, ni qu’il faut multiplier les expériences pour se sentir libre. Il montre simplement qu’une fin de couple peut laisser une place à autre chose qu’à l’attente. Une place pour se demander ce qui nous tente vraiment, sans confondre cette question avec « qu’est-ce qui me permettra de retrouver quelqu’un ? ».
Et si vous venez de vous séparer, vous n’avez rien à rattraper. Mon enthousiasme actuel ne fixe aucun délai au vôtre. Vous pouvez commencer par retrouver vos habitudes, votre intimité et votre envie de choisir.
Plaisir en solo : ne plus en faire une solution « en attendant »

Depuis mon divorce, j’ai redécouvert ma sexualité, et le plaisir en solo a toute sa place dans cette vie qui me plaît. Je ne le considère pas comme une consolation pour les soirs sans rendez-vous. Avoir envie de quelqu’un et avoir envie d’un moment avec soi sont deux choses qui peuvent très bien cohabiter. Mon célibat n’a tout de même pas mis mon désir sous scellés.
Ce que j’aime dans ces moments, c’est de ne pas avoir à me demander ce qui plaît à l’autre. On peut se concentrer sur ses propres sensations, prendre son temps ou retrouver quelque chose que l’on apprécie déjà. Il n’y a personne à impressionner, aucune nouveauté à proposer pour rendre la soirée mémorable. Et franchement, cela fait du bien de laisser parfois le numéro de charme au vestiaire.
Cela peut aussi être l’occasion de mieux cerner ses envies : préférer la douceur à l’intensité, découvrir qu’une ambiance compte davantage qu’on ne le pensait, ou réaliser que l’on aime garder certaines choses pour soi. Ces préférences n’ont pas besoin d’être utiles à une prochaine rencontre. Elles ont déjà de la valeur parce qu’elles vous appartiennent.
Les sextoys peuvent accompagner cette curiosité. Mais avant de choisir un modèle, mieux vaut partir de ce qui vous attire : un accessoire simple, des sensations familières ou l’envie d’essayer autre chose. Comprendre les différences entre un stimulateur clitoridien et un vibromasseur devient alors utile pour choisir selon vos préférences, plutôt que selon le dernier succès sur les réseaux. Et si vos mains vous conviennent très bien, votre table de nuit n’a aucune obligation de s’équiper.
Bien sûr, ces moments ne remplacent pas tout. On peut apprécier le plaisir solitaire et avoir envie d’un baiser, d’une présence ou d’une nuit partagée. Je trouve justement agréable de ne pas demander à une seule personne de répondre à toutes mes envies. Une rencontre peut apporter autre chose, sans avoir pour mission de remettre ma vie intime en marche. Elle fonctionne déjà, merci pour elle.
Flirt, aventure ou envie d’amour : quelle place donner aux rencontres ?

Une rencontre peut donner envie d’un baiser, d’une aventure ou de quelque chose qui dure. Le plus agréable est de pouvoir l’explorer sans jouer un personnage : ni la célibataire forcément détachée, ni la future amoureuse au premier verre.
Savoir ce dont on a envie aujourd’hui
Avant de vous demander si vous plaisez, demandez-vous ce qui vous attire chez cette personne. Sa conversation, son regard, la perspective d’une nuit ensemble ? Ou surtout l’idée de ne pas passer la soirée seule ? Il n’y a pas de mauvaise réponse à avouer, mais mieux vaut savoir ce que l’on espère du rendez-vous.
Vous pouvez aimer votre célibat et avoir envie d’amour. Une aventure légère vous conviendra peut-être très bien ; elle peut aussi vous laisser sur votre faim si vous souhaitez une présence régulière. Pas besoin de vous prétendre détachée pour rester désirable. Le plaisir de rencontrer autrement que sur les applis commence aussi par cette possibilité : apprécier une conversation sans décider immédiatement de la suite.
Dire ses attentes sans promettre la suite
« J’ai envie de te connaître, mais je ne cherche pas à me remettre en couple pour le moment » peut suffire. Si vous souhaitez au contraire une relation durable, vous pouvez le dire sans demander une déclaration au deuxième rendez-vous. Il s’agit de donner à l’autre une idée honnête de votre disponibilité, pas de lui présenter un contrat à signer entre le café et l’addition.
Même chose pour l’intimité : souhaiter un rendez-vous ne signifie pas vouloir passer la nuit ensemble, et revoir quelqu’un n’établit pas automatiquement une exclusivité. Parler de ses envies sexuelles permet de préciser ce qui vous tente et ce que vous préférez garder pour plus tard. Si le flirt passe par des messages plus coquins, assurez-vous que ce registre plaît aussi à l’autre ; leur confidentialité fait partie de la complicité.
S’autoriser à changer d’avis
Vous étiez partie pour une histoire légère et vous vous attachez ? Vous pouvez le reconnaître. À l’inverse, une personne peut vous plaire sans que vous souhaitiez poursuivre la relation. Le cadre du départ mérite d’être rediscuté lorsqu’il ne correspond plus à ce que vous ressentez.
Dire « Je m’aperçois que j’ai envie de davantage, et toi ? » laisse une place à une réponse sincère. Si l’autre ne partage pas cette envie, vous pouvez décider si la relation vous convient encore. Vous n’avez pas à accepter une situation qui vous pèse pour conserver quelques moments agréables. Et changer d’avis ne dispense pas de considération : annoncer simplement que l’on préfère arrêter vaut mieux qu’entretenir une attente que l’on ne partage plus.
Garder sa liberté, y compris celle de ralentir
Profiter de son célibat ne signifie pas dire oui à toutes les invitations. Une rencontre peut vous attirer puis vous laisser hésitante. Vous pouvez refuser une pratique, arrêter un rendez-vous ou ne pas revoir quelqu’un, même si la conversation avait commencé sur un ton très joueur. Un enthousiasme exprimé plus tôt ne vous engage pas pour la suite.
Une nouvelle rencontre, c’est aussi pouvoir glisser quelques mots sur le préservatif et ce qui met chacune et chacun à l’aise. Pas besoin d’un grand discours : « J’ai très envie de toi, et je préfère qu’on garde le préservatif », c’est clair, direct, et ça laisse toute sa place au flirt. Être coquine ne m’empêche pas de savoir ce que je veux — jusque dans les détails pratiques.
Je ne trouve rien de moins séduisant à une personne qui sait évoquer ces sujets simplement. Et pour un premier rendez-vous, garder la maîtrise de son retour et choisir un lieu public permettent de conserver des options. Votre liberté doit rester concrète, pas seulement jolie dans une légende Instagram.
Depuis mon divorce, je profite pleinement de cette redécouverte de ma sexualité. Ce que j’ai envie de partager, ce n’est pas une obligation de faire comme moi, mais cette permission : votre plaisir peut avoir une place maintenant. Une belle rencontre pourra y ajouter sa touche. Elle n’a pas besoin d’arriver pour que vous commenciez à vous faire plaisir.









